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Temps analytique

La phase analytique est une phase de recherche et d'apprentissage,
un temps d'analyse d'une réalité pendant laquelle l'élève doit:
- préciser le but du projet à partir de l'intention commune de la classe et du
regroupement choisi dans le temps global ;
- doit faire une collecte de données en fonction du but donné au projet ;
- comprendre et analyser les données recueillies.
Pour réaliser ces étapes importantes du projet, les membres de
chaque équipe se répartissent les tâches, décident d'un mode de fonctionnement et
tiennent à jour un cahier personnel de projets. Il peut contenir la démarche globale à
suivre sous la forme de consignes-procédures, le contrat, des commentaires, des
réactions personnelles, des pistes d'évaluation. Il permet à l'élève d'autoévaluer
son travail, à l'enseignant de le suivre de près et aux parents de constater le travail
accompli par leur enfant.
Précision du but
Le but du projet est ce qui construit son sens. Il est donc une
condition essentielle à sa réalisation.
Pour les aider à formuler clairement le but à atteindre,
l'enseignant invite d'abord les élèves de chaque équipe à partager ce qu'ils savent et
ce qu'ils aimeraient savoir du regroupement thématique choisi. Ensuite, par son
questionnement, il incite chaque équipe à se fixer un but qui devrait déboucher sur des
éléments neufs, donc sur des apprentissages. Ce n'est pas un projet si d'emblée les
élèves connaissent déjà les résultats ou s'ils peuvent trouver rapidement une
réponse à une question précise.
Dès que le but est précisé, l'équipe le présente au
groupe-classe pour connaître ses réactions, vérifier s'il se rattache bien au thème
principal et le modifier au besoin. Il faut encourager les élèves à laisser libre cours
à leur imagination. Ils pourront peut-être ainsi apporter des idées qu'il semblait, à
première vue, impossible de trouver. Cette attitude favorisera l'utilisation des deux
approches à la résolution de problèmes, soit les voies logique et intuitive.
Comme la mise en oeuvre du projet nécessite une clarification des
tâches individuelles et collectives, il est conseillé d'inscrire bien en vue le but du
projet, le nom des membres de chaque équipe et, dès qu'elles sont partagées, les
principales tâches de chacun. D'ailleurs, une première partie d'un contrat évolutif
pourrait se situer à cette étape. Dans cette approche, le contrat désigne une adhésion
au projet et suppose la négociation dans l'équipe, la prise de décision et l'engagement
de chaque membre.
Recherche et collecte de données
La planification inhérente à cette étape du projet permet à l'équipe:
- de noter ce qu'elle sait réalisable;
- de se mettre à la recherche des ressources disponibles, tant du côté des personnes
que des documents;
- d'ébaucher un premier plan de travail;
- de partager les tâches au sein de l'équipe;
- d'aller recueillir le plus grand nombre possible de données, de renseignements et de
suggestions.
Après avoir esquissé un premier plan de travail, les membres de
l'équipe participent à la collecte de l'information. Parfois, ils doivent préparer un
questionnaire avant de consulter certaines personnes ou visiter préalablement un endroit
afin de bien préparer la rencontre prévue.
Ensuite, ils identifient, dans ces sources, les données dont ils
ont besoin. Ils doivent prélever ces données pour éventuellement les classer et
déterminer les relations qui les unissent. Cette collecte de données sollicite plusieurs
stratégies dont le choix va naturellement dépendre du temps que les élèves peuvent
consacrer à cette étape, des conditions matérielles dont ils disposent et des
possibilités qu'ils ont d'en parler à d'autres.
Selon le but à atteindre, les principales stratégies à solliciter
dans la collecte de données sont l'observation, l'expérimentation, la consultation de
personnes, l'écoute, l'étude d'une documentation. La prise de notes s'avère alors l'une
des capacités méthodologiques importantes à développer tout au long de la collecte des
données.
Les élèves peuvent procéder méthodiquement :
- à des expériences personnelles qui reposent sur l'observation ou l'expérimentation.
La sortie éducative constitue le moyen d'observation direct par excellence. Elle
consiste à mettre les élèves en situation d'observation et d'étude quant à certains
aspects naturels, géographiques, historiques, sociaux ou économiques de l'environnement.
Elle les invite à dépasser les premières perceptions, à constater l'organisation
spatiale et temporelle, à comparer globalement ou en détails des éléments du monde
physique et humain; (voir Sortie au chapitre 4)
- à la consultation de personnes au moyen d'entrevues, d'interviews ou de sondages.
Ces types d'enquête sont employés pour questionner des personnes au sujet de leur
expérience, de leurs compétences, de leurs opinions, de leurs habitudes ou de leurs
préférences. L'exploitation des réponses permet une étude approfondie d'un problème
qui intéresse les enfants et dont les répercussions se font sentir dans leur vie
familiale, sociale, morale, affective ou culturelle; (voir Enquête au chapitre 4)
- à l'étude d'une documentation.
Là où l'observation, l'enquête et l'expérimentation sont impossibles, le recours à
une documentation est un moyen indispensable pour trouver une réponse à une question que
se pose l'élève. Les documents se présentent sous la forme :
- - écrite (journaux, revues, livres),
- - sonore (bruits, musique, chansons, conférences, interventions
orales...),
- - visuelle (photos, peintures, cartes, collections...),
- - audio-visuelle (diaporamas, vidéos, films...),
- - informatisée (cédéroms, banque de données, internet
).
L'étude de documents peut également représenter un élément de collecte
d'information supplémentaire, fournir aux élèves un élément de réponse à une
question incidente et les conduire à des généralisations en leur permettant de
vérifier si leurs observations correspondent à des observations qui proviennent d'autres
sources. (voir Consultation de textes documentaires au chapitre 4)
Les données recueillies peuvent se présenter sous la forme:
- d'enregistrements;
- d'observations notées dans un calepin;
- de descriptions d'une expérience vécue;
- d'extraits d'articles de journaux et de revues;
- de photos et de diapositives;
- de dépliants;
- de disques;
- de collections;
- de vidéos et de films;
- de notes prises dans des documentaires;
- de réponses écrites à des questionnaires.
Rien ne sert d'être surdocumenté si l'on reste sous-informé ou si
les connaissances n'ont pas de relations ou n'ont pas de sens pour soi et pour ce que l'on
cherche. Une attention véritable requiert que le nombre d'informations soit limité et
que l'accent soit mis sur la transformation de ces informations.
L'enseignant observe, interroge, ramène sans cesse les équipes au
but de leur projet et recueille des éléments en vue de l'objectivation collective et des
pauses méthodologiques.

 
Cadre méthodologique
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